Voyager seul(e), c’est très constructif. Il y a pleins de points positifs. Mais il y aussi les moments où l’on aimerait beaucoup être accompagné, des situations qui peuvent être vraiment très stressantes quand on est tout(e) seul(e). Je vais vous partager les 10 moments de mon voyage à New-York, où j’ai vraiment stressé alors qu’à plusieurs, on se serait moins pris la tête.
N°1 Les transports en commun
Le bus, le métro. Et les éternelles questions: est-ce que j’ai le bon ticket? Est-ce que je suis montée dans le bon bus, dans la bonne rame? Celle-là elle est express? C’est quelle station déjà? Eh mince je me suis plantée! Je vais par où? Elle est où la sortie? Et pourquoi sur le plan c’est marqué ici alors que c’est là-bas? Et pourquoi la dame elle comprends pas ce que je lui demande?
Quand on a fini par apprivoiser le fonctionnement du métro (ce qui m’a pris deux semaines entre nous), tout va mieux même si on se plante encore quelques fois.
N°2 L’avion
Prendre l’avion quand on voyage seule, c’est toujours stressant. L’attente dans l’aéroport avec la peur de rater l’avion alors qu’on est arrivé quatre heures en avance. La peur que la valise ne se soit pas bien enregistrée. L’angoisse qui nous prend aux tripes quand on se rend compte que l’on va s’envoler à des milliers de kilomètres de sa famille (maman vient me chercher!) et qu’on ne va peut-être plus les revoir parce que l’avion peut se crasher, même si c’est le moyen de transport le plus sûr du monde, mais on est jamais à l’abri d’un attentat et… STOP! Tout va bien, je suis toujours vivante et de toute façon c’est trop tard. Alors respire et pense que tu vas t’éclater (mais pas par terre)!
N°3 Sortir pour la première fois
Cela a été une véritable épreuve pour ma part. Je l’explique dans le journal de bord, mais pour résumé: après mon arrivée à 2h du matin, nuit très courte, crise d’angoisse, crise d’hypoglycémie, donc le matin pas très envie de sortir affronter le monde extérieur qui paraissait sur le coup très hostile (surtout qu’il faisait un temps pourri). Mais il a bien fallu se mettre un coup de pied aux fesses et sortir le bout de son nez. Au fil des jours, l’angoisse a disparu et j’avais plus hâte de sortir que de rentrer!
N°4 Demander son chemin
On cherche l’endroit où l’on a fait une super réservation pour un ghost tour. Mais! On ne trouve pas. Au début, on se dit que tout va bien, on a un plan, on connait l’adresse, on va bien finir par trouver. Mais plus l’heure tourne, plus on se dit qu’il faudrait qu’on trouve rapidement sinon on va être en retard. Alors le stress commence à monter. On se dit qu’il faudrait demander à quelqu’un, mais on a un peu peur de ne rien comprendre, ou bien de se faire rembarrer, ou bien de se faire agresser ou bien de.. Bref, on cherche encore tout seul. Mais l’heure vient où on est vraiment dans la mouise. Alors la peur de louper l’attraction passe au dessus de celle de demander son chemin à un inconnu. Alors on prend son courage à deux mains et on avise la première personne qui passe. Par chance, cette gentille dame connaît l’endroit et vous indique la direction! Thank you so much!
N°5 Manger quelque part
J’ai fait le choix de ne pas manger au restaurant, par souci d’économie, mais aussi parce que j’avais peur d’y aller toute seule, qu’on me regarde bizarrement, qu’on me juge. Ne faites pas la même erreur. On s’en fout que vous soyez seul(e). Des tas de gens mangent seuls et ça ne pose aucun problème. Prenez un bouquin, votre guide de voyage, un carnet, votre ordi, votre portable! Moi je mangeais dans des fast-food ou des snacks avec mon portable ou un livre pour me tenir compagnie. Sinon j’observais ce qu’il se passait autour de moi, les gens, les voitures, et quand on est à l’étranger c’est toujours intéressant de regarder autour de soi.
N°6 Rentrer tard le soir
Le métro peut être très glauque à partir d’une certaine heure (surtout vers 23h dans les zone plus reculée comme le Bronx ou le Queens). Mais à part si vraiment vous n’avez pas de chance, vous ne risquez pas de vous faire agresser. Si vous avez l’air normal, décontracté, sans avoir l’air non plus trop avenant (on ne voudrait pas encourager n’importe qui), que vous planquez vos objets de valeur, qu’éventuellement vous mettez des écouteurs, et que vous choisissiez la bonne rame (pas celle où le type vous regarde chelou pendant tout le trajet), normalement tout va bien se passer. De même dans la rue, évitez les endroits où cela craint un peu, mais n’ayez pas l’air d’avoir peur. Et gardez un œil sur les commerces ouverts, il y en a toujours un où deux à proximité (enfin ça dépend où vous voyagez bien sur).
N°7 Ne pas comprendre ce qu’on vous dit
Arrivée à New-York à 2h du matin, où prendre le bus? On va demander! Qu’est-ce qu’elle dit la dame? Can you repeat pleaaase? (Oh mon dieu j’ai toujours pas compris ça fait la quatrième fois que je lui demande de répéter!). Là on se sent vraiment mal! Elle te file un plan, tu comprends pas le plan non plus. Tu vas à n’importe quel arrêt de bus, et tu demande à n’importe quel chauffeur. Finalement, tu tombe sur une nana super gentille qui t’amène là où il faut. Ouf!
N°8 Se perdre
Je me suis perdue dans le Queens. Je cherchais la maison de Louis Armstrong (que je n’ai pas trouvé d’ailleurs). Je me suis promenée de long en large et en travers dans un quartier avec de jolies maisons mais où les gens te regardent bizarrement sur le pas de leur porte. J’ai fais genre, tout va bien, je suis une simple touriste qui se balade, je ne suis pas perdue (mais il est où ce métro à la noix!? je veux rentreeeer!). Finalement au bout d’une heure j’ai retrouvé ma route. J’ai quand même bien stressé et avec la chaleur du mois de juin, j’ai du perdre 10 litres d’eau!
N°9 La douane
Aaah la douane des états-unis. On s’en fait toute une idée: on nous pose pleins de questions, on ne doit pas faire de blagues à moins qu’ils en fassent et encore c’est rare, on doit bien répondre aux questions, ils vérifient tout jusqu’à vos motivations pour rentrer dans le pays, vous allez dans la petite salle si vous êtes suspect. Eh bien tout ça c’est vrai! Il faut vraiment que tout soit carré. L’attente pour passer est tellement stressante, le passage encore plus. Vous avez tellement peur que votre tête ne leur revienne pas et de vous faire emmener dans la petite pièce. Finalement, vous ressortez, vous avez l’impression d’être libre! Je vous jure on dirait qu’on a subit un interrogatoire et qu’on vous libère parce que finalement vous n’avez pas commis le crime dont on vous accuse.
N°10 Quand la carte bleue ne passe pas !
Deux fois ça m’est arrivé. Deux fois j’ai paniqué (sueurs froides, sueur tout court, la crispation de tout les membres, la respiration qui s’accélère, le cœur qui s’emballe). C’est la panique totale, surtout quand il y a une queue immense derrière vous et que la caissière a l’air assez expéditive, et que vous ne parlez pas la langue (parce que oui, dans l’état où vous êtes (au bord de la crise d’angoisse je vous le rappelle) vous ne savez plus aligner un mot d’anglais, ou même un seul mot dans votre langue natale). Heureusement la caissière (très gentille au demeurant) a la solution, et c’est bon! Votre carte passe! Miracle!
Et le petit bonus, c’est quand vous êtes seule, dans votre chambre d’hôtel, à 4heures du matin, que vous êtes en train de faire une crise d’angoisse, parce que vous avez peur de faire une crise d’hypoglycémie, et que du coup celle-ci arrive parce que vous dépensez toute votre énergie dans la crise d’angoisse, et que l’hôtel ne possède qu’un distributeur de barres chocolatées, et que vous n’avez rien à manger sur vous puisqu’on vous a tout pris avant de sortir de l’avion. Je vous laisse imaginer la situation!
Mais dans l’ensemble, toutes ses situations problématiques trouvent toujours une solution. Et vous en sortirez vivant (la preuve, je suis encore là). Sur le coup, oui c’est très stressant, mais il faut relativiser, tout va bien se passer. Dites-vous bien qu’en rentrant, vous en rirez plus qu’autre chose et que ça ne peut pas vous tuer. Et puis comme on le dit, ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort!