Vorrh – Brian Catling

Résumé : « La Vorrh est une forêt merveilleuse et effrayante. Tous ceux qui y pénètrent y trouvent soit la mort, soit l’oubli. Néanmoins, elle exerce une fascination quasi magnétique et un attrait irrésistible. On dit que le jardin d’Éden est dissimulé en son cœur. Personne ne l’a jamais explorée en entier, elle serait sans fin.
Pourtant, un homme a entrepris le périple. Un ancien soldat qui a tout abandonné pour suivre sa bien-aimée, Este. À sa mort, il a, suivant d’antiques rituels, emprisonné son esprit dans un arc et, écoutant ses murmures, s’est lancé sur la route…
« 

Le résumé avait l’air très très attrayant. Une forêt mystique, un peu de magie, une quête sans but, du mystère teinté de religion… Ce livre avait tout pour me plaire. Néanmoins… J’ai mis des plombes à lire ce livre ! J’avais l’impression d’avoir lu 100 pages que je n’en avais lu que 20. La lecture a été pénible, écartelée entre l’envie d’arrêter et le désir de savoir la suite.

Alors, pour être tout à fait honnête, ce livre est très très bien écrit. C’est une manière d’écrire que je n’avais jamais rencontrée, tout en description mais très directe, avec un soupçon poétique qui donne du charme aux phrases. C’est au niveau de l’articulation de l’histoire et des détails racontés que je n’ai pas accroché.

Il y a beaucoup de personnages, qui sont plus ou moins tous reliés entre eux. Mais il y en a beaucoup trop pour moi. On passe de l’un à l’autre au gré des chapitres et durant les 200 premières pages, j’ai été perdu par l’arrivée de nouveaux. En plus, ils ont pour la plupart des noms compliqués (on ne pourra pas reprocher à l’auteur de ne pas avoir eu d’imagination !), alors pour les retenir…

Et bien sûr ce que je n’ai pas aimé, mais c’est purement subjectif, c’est l’aspect un peu trop « gore » de tout ça. Il y a énormément de scènes de meurtres, d’opérations, où les détails sont si bien décrits que l’on ne peut s’empêcher de mettre une image sur chaque mot. C’est incisif, cru, parfois dérangeant. C’est brutal et à la fois si subtil, là je reconnais que l’auteur est un maître pour décrire ce genre de scènes.

Ce qui ressort le plus de ce livre, c’est la thématique de la différence. Quasiment tous les personnages ont une caractéristique qui les fait se sentir à part. On peut voir également comment le comportement humain se modifie face à l’inconnu, la différence. On perçoit les sentiments engendrés face la différence, l’indifférence… Peur, rejet, colère, haine.

Ce livre se lit selon la sensibilité de chacun. Pour ceux qui n’aiment pas les descriptions trop sanglantes ou trop brutales, je ne conseille pas ce bouquin. Pour les autres, allez-y, c’est assez impressionnant la manière dont l’auteur fait vivre ses personnages ainsi que la mystérieuse Vorrh…

Extrait : « L’aube, comme au premier jour. Les nuages plombés sont des mains caparaçonnées qui retiennent un soleil faible et flasque. L’obscurité énorme, carrée, s’éternise dans les hautes branches. Pluie et rosée dégouttent vers le sol âcre. C’est l’heure où le souvenir de la nuit disparaît, et avec lui la gravité qui garde son châle plaqué sur toutes les composantes de la forêt. Les chasseurs aux yeux bridés sentent ce basculement, la gloire de la noirceur qui s’enfuit et qui finira privée de pureté. La porte vulgaire du jour ne fait pas de quartier. Sa clarté insistante racontera des mensonges sur tout les êtres, obligeant la subtilité à battre en retraite à l’intérieur des arbres et de l’autre côté du ciel.« 

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