Rêver…

Parfois je rêve. Pas les rêves que l’on fait la nuit, mais les rêves que l’on fait éveillé, quand on s’invente des histoires, qu’on fantasme sur des situations. Quand on s’imagine dans un autre monde. Je fais ça souvent, rêver. Avant d’aller dormir, au réveil, au bureau, dans la rue, parfois dans la voiture (mais moins souvent, ça peut être dangereux). ça peut partir d’un songe, d’une impression, d’un souvenir, d’une voix, d’une odeur, d’une couleur, d’un visage, d’une démarche, d’une musique… de tellement de choses en fait. Un rien peut faire basculer la réalité dans le rêve. Parfois on en a besoin, d’autres fois c’est juste que l’on s’ennuie, et souvent c’est juste que ça nous prend sur le moment, comme ça, sans prévenir. S’évader, comprendre, accepter. Rêver peut avoir tellement d’utilité.

Quelquefois, j’aimerais écrire mes songes, les coucher sur le papier pour ne jamais les oublier. Mais soit ils s’envolent d’eux-mêmes avant que j’en aie eu le temps, soit je me rends compte que finalement, ils sont bien mieux dans ma tête que sur du papier. Car au final, les écrire, c’est un peu comme les figer, les condamner à ne jamais évoluer. Ils resteront là, sur une feuille, bloqués entre deux jets d’encre. Je refuse cette option. Je veux qu’ils vivent, qu’ils changent, qu’ils se transforment, qu’ils continuent de tourner haut dans ma tête jusqu’à ce qu’ils s’épuisent et glisse dans les méandres de la mémoire.

Les écrire, c’est aussi prendre le risque que quelqu’un les lises. Or, je ne veux pas les partager. Ce sont des songes personnels, intimes. Ils m’appartiennent. C’est mon petit jardin secret, mes rêves révèlent ce que je suis. C’est mon “moi” profond. Celui que je garde pour moi seule. Qui je suis réellement, voilà ce qu’ils disent. Si vous les écoutiez, ils vous murmureraient toutes les facettes de ma personnalité, de mon existence. Mes désirs, mes peurs, mes faiblesses, mes forces. Les pans sombres de mon être comme les parties lumineuses.

Souvent, le rêve se poursuit sur plusieurs jours, parfois sur des semaines. Suivant le gré de mes humeurs, ou de ce que je vois. Mais ils peuvent être obsédant. Rendre heureux, comme faire peur. Être tenace, ou au contraire passer en coup de vent. C’est rare mais parfois aucun ne vient pointer le bout de son nez, et ils me manquent. Je les cherche, les appelle, mais rien n’y fait. C’est le désert des rêves. Dans ces moments là, c’est compliqué de ne pas s’ennuyer, de s’endormir, de supporter certains moments du quotidien. La routine a fière allure. Avec mes rêves, la routine n’est plus. Chaque moment peut se transformer en rêve merveilleux, dramatique, mais jamais Ô grand jamais ennuyeux.

Je rêve depuis ma plus tendre enfance, lorsque je m’inventais des histoires sous ma couette, dans ma chambre, ou dans la voiture lorsque l’on partait en vacances. J’ai continué depuis, je ne me suis jamais arrêté. Quand je rêve, je me sens bien. Je me sens en paix avec moi-même. C’est ma catharsis. Mon exutoire. Ma manière à moi de me couper du monde et de me recentrer sur moi-même, de m’apaiser, de me consoler, de m’aider. C’est une sorte de thérapie, même si je trouve que ce mot fait trop “maladie”. Je ne suis pas malade, je me protège juste de ce qui pourrait me faire du mal. Le négatif, je l’exorcise par le rêve. Je modifie la réalité pour en faire quelque chose de beau. Ainsi, quand tout va mal, le rêve m’emporte, me berce et me dit que tout ira bien. Et je le crois. Je veux le croire. Je dois le croire. Croire que quoi qu’il puisse se passer, il sera toujours là pour moi.

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