Mes lectures d’automne

L’automne est ma saison préférée. La chaleur de l’été est encore présente mais beaucoup moins étouffante, les arbres prennent des couleurs magnifiques avec des dégradés de rouge ou d’orangé. C’est la rentrée, j’ai toujours aimé la rentrée, repartir sur de bonnes bases, se dire que cette année on va se dépasser, tout donner. 
En automne, j’ai envie d’apprendre de nouvelles choses, généralement en lien avec mon sujet d’étude (si vous voulez tout savoir, les métiers du livre et de la médiation numérique). Du coup, je vous ai rassemblé trois ouvrages traitant de ce thème. Des livres simples à lire sans trop de prises de tête mais qui font quand même réfléchir.



N’espérez pas vous débarrasser des livres, de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, 2009.

Une discussion entre Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, qui abordent de multiples sujets relatifs au livre, à la lecture, à l’histoire, à la mémoire, aux chef-d’oeuvre. La passion de deux collectionneurs pour les livres et leur histoire du livre se retranscrit parfaitement dans un dialogue empreint d’humour et de subjectivité, de profondeur et de fiction.
« En d’autres termes, comment fabriquer notre mémoire, dans ces conditions, en sachant que cette mémoire est une question de choix, de préférences, de mises à l’écart, d’omissions volontaires et involontaires? En sachant aussi que la mémoire de nos descendants ne sera pas forcément de la même nature que la nôtre. Que sera la mémoire d’un clone?« . (p63)
On nous livre quelques réflexions profondes sur de vastes thèmes tels que la mémoire, la conservation, la transmission du savoir, et même la censure, toujours illustrés d’exemples tirés de la propre expérience de nos deux débatteurs.



Petite Poucette, de Michel Serres, 2012.

Michel Serres est un grand philosophe moderne. Dans ce livre, il nous raconte la transition vers le numérique pour la nouvelle génération, dont les habitudes, l’éducation, le formatage ne correspondent plus à ceux de nos parents. 
« Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes  qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze, chiffres officiels; dont le mot le plus répété est « mort » et l’image la plus représentée celle de cadavres. » (p13)
Il s’agit d’une analyse de la société moderne et de tout les changements que le virtuel a pu engendrer. Michel Serres nous explique les mutations profondes que le société a subi en l’espace d’à peine quelques décennies. C’est un livre fascinant et assez court à lire pour comprendre le nouvel être humain moderne, formaté par le virtuel. 

Pourquoi lire?, de Charles Dantzig, 2011.

L’auteur nous donne différentes raisons de lire, mais expliquées avec un talent, et un humour, avec une pointe de sarcasme (qui n’est absolument pas désagréable).
« Le manuscrit de Twilight a été refusé par quatorze agents avant d’être publié. Hélas, il y a toujours un quinzième agent. L’histoire  des succès populaires est faite de la quinzième tentative. Les éditeurs tentent tant qu’ils peuvent de ne pas vendre et de préserver la littérature, rien n’y fait. Ainsi est né Twilight, le premier roman de vampires qui ne soit pas fait avec du sang, mais avec du navet« . (p122)
On peut ne pas toujours être d’accord avec certaines affirmations, mais on y trouve des énoncés criant de vérités, et certains passages qui sont tout simplement géniaux. Un exemple ci-dessous :
« Que tous les lecteurs fassent comme moi! Marchons dans les rues penchés sur des livres! Les cadres supérieurs se rendant à leurs institutions financières ralentiront dans leurs belles voitures. Ils en sortiront, émerveillés. Jetteront en l’air leurs serviettes en veau grainé! Feront voler les comptes d’exploitation et les cours de la Bourse! S’arracheront les cravates, s’ôteront les vestons! Alors, les villes seront peuplées de gens vraiment sérieux qui, vêtus de pagnes et s’accompagnant à la flûte, chanteront des vers d’Homère!« . (p81)
Brillant non? 
 C’était mieux avant, Michel Serres.

La suite de Petite Poucette. Je voulais vous le mentionner car c’est un livre très court mais qui fait du bien. Il permet de relativiser au quotidien et il nous rappelle que

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