Mrs dalloway – Virginia Woolf

Résumé : Le roman, publié en 1925, raconte la journée d’une femme élégante de Londres, en mêlant impressions présentes et souvenirs, personnages surgis du passé, comme un ancien amour, ou membres de sa famille et de son entourage. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, le mouvement et l’immobilité. La qualité la plus importante du livre est d’être un roman poétique, porté par la musique d’une phrase chantante et comme ailée. Les impressions y deviennent des aventures. C’est pourquoi c’est peut-être le chef-d’œuvre de l’auteur – la plus grande romancière anglaise du XXe siècle.

Auteur: Virginia Woolf

Date de publication: 14 mai 1925

Genre: Fiction, roman

Nombre de page: 240

Aux premiers abords, on peut trouver cette lecture ennuyeuse. Des descriptions. Des pensées qui vagabondes. Sans queue ni tête parfois. Souvent. Des phrases qui surgissent sans prévenir. Des idées. Des pensées brutes. ça se chevauche. ça s’emmêle… C’est ce que j’ai pensé durant les premières pages.

Puis une fois cette impression passée, est venue la pensée que c’était un chouette roman pour s’endormir! En effet, l’auteure écrit comme elle pense. D’où cette entremêlement d’idées et de réflexions sans logique entre elles. De ce fait, lorsque l’on se laisse bercer par l’écriture, que l’on capte le flot de pensées, qu’on se l’approprie, il finit par nous bercer et, pour ma part, j’ai fini par m’endormir.
Une fois que l’on a bien récupéré durant notre sommeil profond, on peut se concentrer sur le cœur de l’écriture. Et là on se rend compte que c’est vraiment très très bien écrit. L’auteure réussit à nous faire rentrer dans les pensées de chacun des personnages évoqués. On ne peut s’attacher à un personnage en particulier, car ils sont vus sous tellement d’angles différents, par d’autres personnages, que l’on peut aisément distinguer les qualités et les défauts de chacun. Ce qui est impressionnant, c’est que l’on arrive à être d’accord avec chaque personnage, même le plus fou. On rentre dans leurs têtes, on comprend leur manière de raisonner. Les comprendre les rends tout de suite plus humains. On voit leurs faiblesses et l’on se met à leur place. Et il est d’autant plus facile de le faire, que leurs pensées discontinues se rapprochent des nôtres. La même spontanéité, la même capacité de passer du coq à l’âne, la même imprévisibilité.


Cette lecture est comme une mélodie dont on laisse les airs nous bercer. Au début, elle commence tout doucement, si bien qu’on a du mal à l’entendre. Ensuite, elle nous endort car elle est très douce. Et finalement on finit par la comprendre et on l’écoute attentivement, on se laisse porter par ses notes qui jaillissent par-ci par-là. (Oui je suis d’humeur musicale aujourd’hui!)

Extrait: « Et puis – elle y pensait ce matin encore – la terreur, l’accablante impuissance : vos parents vous la remettent, cette vie, dans vos mains, pour la vivre jusqu’au bout, pour marcher avec elle dans la sérénité. Au plus profond de son cœur, il y avait une crainte terrible. Même à présent, souvent, elle sentait qu’elle pourrait en mourir, sans la présence de Richard – assis à côté d’elle, lisant le Times – dans laquelle elle se blottissait comme un oiseau et peu à peu ranimait, exaltait, comme on frotte le bois contre le bois, une chose contre une autre, cette joie, cette joie prodigieuse. Elle était sauvée. Mais ce jeune homme s’était tué.« 

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